La part d’interprétation des traducteurs dans l’histoire…

Bonjour,

Il y a quelques jours, je publiais un article sur L’histoire de la traduction.
Face à son succès, je vous propose d’aller un peu plus loin, en nous interrogeant sur la part d’interprétation des traducteurs dans l’histoire.

Un lecteur du blog m’a écrit : « Il faudrait connaître quelle est la part de fidélité et d’interprétation du traducteur dans les textes.
Ayant lu quelques œuvres bibliques ou coraniques, différentes en fonction de mon âge, j’ai déjà pu voir quelques différences d’interprétation, alors ça doit se retrouver régulièrement.
 »

Effectivement, les textes religieux sont certainement les plus anciens à avoir été traduits.
traduire en français Leurs versions sont nombreuses.
D’ailleurs, une nouvelle traduction liturgique de la Bible en langue française a récemment été validée par le Vatican, avec notamment une modification de la prière du « Notre Père ». Cette nouvelle version de la Bible est le fruit du travail de 70 spécialistes, durant pas moins de 17 ans !

Alors, les traductions ou interprétations sont-elles fidèles aux textes de départ ? Et bien, pas toujours…

Les exemples sont nombreux, je n’en citerai que quelques uns.

Nous connaissons tous l’histoire d’Adam et Ève où, selon le texte biblique de la Genèse, Dieu les avait autorisés à goûter les fruits du jardin d’Éden, à l’exception du fruit défendu, habituellement représenté par une pomme. Pourtant, il s’agirait là d’une erreur de traduction, car la nature du fruit n’est pas précisée dans le texte original. Ce fruit défendu pourrait être, selon les versions, une pomme, une poire, une grenade, ou une figue.
traduction en espagnol En découlent les expressions populaires : croquer la pomme (c’est-à-dire succomber à la tentation), ou la pomme d’adam (on peut imaginer que la pomme est restée en travers de la gorge du premier homme de l’humanité), qui, contrairement à ce que l’on pense, n’ont donc en fait pas de fondement biblique.

Beaucoup plus grave, voici ce que l’on considère comme l’erreur de traduction la plus tragique de l’histoire.
En juillet 1945, à Potsdam, les Alliés adressent un ultimatum au Japon, demandant sa capitulation. Dans sa déclaration aux journalistes, le premier ministre Suzuki utilise le verbe mokusatsu, mot aux multiples sens : ne pas prendre en considération / traiter quelque chose par un silence méprisant / ignorer (en gardant le silence) / rester dans une sage expectative.
traduire sitemokusatsu a été interprété et reporté par les agences de presse et traducteurs selon le sens : traiter par un silence méprisant. Les américains, furieux de cette réponse, lancent dix jours plus tard la première bombe atomique de l’histoire sur la ville d’Hiroshima.
Comme l’ont commenté certains traducteurs, Suzuki n’aurait-il pas pu employer un terme moins ambigu, face à une situation d’une telle gravité ?

Plus récemment, en août 2008, un accord est signé pour mettre un terme à la guerre entre la Géorgie et la Russie. La France, jouant un rôle de médiateur, a rédigé le document en français, qui a ensuite été traduit en anglais, puis en russe. Cependant, la guerre a été prolongée d’un mois, à cause d’une erreur de traduction. Serait à l’origine du malentendu la mauvaise traduction de la préposition »pour » dans la version anglaise, devenue « dans » dans la version russe.

Les erreurs d’interprétation et de traduction ont certes été nombreuses dans l’histoire, mais heureusement rarement aussi dramatiques.
Il s’agit là d’un sujet très riche en anecdotes et commentaires. Je reviendrai certainement sur ce thème dans un prochain billet !

Alexandra

traduction en espagnol
interprétariat
formation espagnol / FLE (Français Langue Étrangère)

Traduction français espagnol - HISPAFRA

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5 réflexions sur “La part d’interprétation des traducteurs dans l’histoire…

  1. Vigé dit :

    Encore un réel plaisir a lire ce sujet.
    Le fond est extrêmement interressant et on a même envie d’en lire encore plus.
    Pour la forme, ton style d’écriture ne gâche en rien le fond du texte et ta manière de relaté l’histoire nous laisse en haleine jusqu’au prochain sujet.
    Bravo Alexandra.

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